Bible du Chemin Testament Kardecien ©

Voyage Spirite en 1862 et autres voyages d’Allan Kardec.

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EN RÉPONSE A QUELQUES-UNES DES QUESTIONS PROPOSÉES.


IV.

Puisque le Spiritisme rend les hommes meilleurs et amène à croire à Dieu, à l’âme et à la vie future ceux qui n’y croyaient pas, il ne peut faire que du bien ; pourquoi donc a-t-il des ennemis, et pourquoi ceux qui n’y croient pas ne le laissent-ils pas tranquille ?


Le Spiritisme a des ennemis, comme toute idée nouvelle. Une idée qui s’établirait sans opposition serait un fait miraculeux ; il y a plus : plus elle sera fausse et absurde, moins elle trouvera d’adversaires, tandis qu’elle en rencontrera d’autant plus qu’elle sera plus vraie, plus juste et plus utile. Ceci est une conséquence naturelle de l’état actuel de l’humanité. Toute idée nouvelle vient nécessairement supplanter une idée ancienne ; si elle est fausse, ridicule ou impraticable, personne ne s’en inquiète, parce que, instinctivement, on comprend qu’elle n’a pas de vitalité, et on la laisse mourir de sa belle mort ; si elle est juste et féconde, elle effraye ceux qui, à un titre quelconque, orgueil ou intérêt matériel, sont intéressés au maintien de l’ancienne, et ceux-ci la combattront d’autant plus qu’elle leur paraîtra plus redoutable. Voyez l’histoire, l’industrie, les sciences, les religions, partout vous trouverez l’application de ce principe. Mais l’histoire vous dit aussi que contre la vérité absolue rien ne peut prévaloir ; elle s’établit bon gré mal gré, quand les hommes sont mûrs pour l’accepter ; il faut bien alors que ses adversaires s’en arrangent, puisqu’ils ne peuvent faire autrement ; et, chose bizarre, souvent ils se vantent d’avoir eu les premiers cette idée.

On peut généralement juger de l’importance d’une chose par l’opposition qu’elle suscite. Supposons qu’arrivant dans un pays inconnu, vous appreniez qu’on se prépare à repousser l’ennemi qui veut l’envahir ; or, si l’on n’envoie à la frontière que quatre hommes et un caporal, vous jugerez que l’ennemi n’est pas bien redoutable ; il en sera tout autrement si vous voyez diriger contre lui de nombreux bataillons avec tout l’attirail de guerre. Ainsi en est-il des idées nouvelles. Emettez un système franchement ridicule et impossible touchant les plus grands intérêts de la société, personne ne songera à le combattre. Ce système, au contraire, est-il fondé sur la logique et le bon sens, recrute-t-il des adhérents, les gens intelligents s’en émeuvent, et tous ceux qui vivent sur l’ancien ordre de choses dressent contre lui leurs plus formidables batteries. Telle est l’histoire du Spiritisme ; ceux qui le combattent avec le plus d’acharnement, ce n’est pas comme idée fausse, car alors on se demanderait pourquoi ils en laissent passer tant d’autres sans rien dire, mais parce qu’il leur fait peur ; or, on n’a pas peur d’un moucheron bien qu’on voie quelquefois un moucheron terrasser un lion.

Remarquez la sagesse providentielle en toutes choses : jamais une idée nouvelle d’une certaine importance n’éclate subitement dans toute sa force ; elle grandit, et peu à peu s’infiltre dans les habitudes. De même le Spiritisme, que nous pouvons appeler sans présomption, l’idée capitale du dix-neuvième siècle, et l’on verra plus tard si nous nous sommes abusés, à commencer par l’innocent phénomène des tables tournantes ; c’était un enfant avec lequel ses plus rudes adversaires ont joué, et à la faveur de l’amusement, il a pénétré partout ; mais il a vite grandi ; aujourd’hui il est homme et a pris sa place dans le monde philosophique ; on ne joue plus avec lui ; on le discute et on le combat ; s’il eût été mensonge, utopie, il ne serait pas sorti de ses langes.


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