Bible du Chemin Testament Kardecien ©

Revue spirite — Année VI — Février 1863.

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DISSERTATIONS SPIRITES.


PAIX AUX HOMMES DE BONNE VOLONTÉ.

(Poitiers.  †  Réunion préparatoire d’ouvriers spirites ; médium, M. X…)

Mes chers amis, la vie est courte ; grand est ce qui la précède, grand est ce qui la suit ; rien n’est que par la volonté de Dieu ; rien n’est, en conséquence, que légitime et de haute justice. Votre misère, lorsqu’elle vous étreint, est un mal mérité, une punition, n’en doutez pas, de vos fautes antérieures. Envisagez-la bravement, et levez les yeux en haut avec résignation : la bénédiction et le soulagement descendront. Vos chagrins, parfois, sont l’épreuve demandée par votre Esprit lui-même, par votre Esprit désireux d’arriver promptement au but final, toujours entrevu à l’état non incarné.

Au moment où le monde s’agite et souffre, où les sociétés, en quête de ce qui est le vrai, se tordent dans un enfantement laborieux, Dieu permet que le Spiritisme, c’est-à-dire un rayon de l’éternelle vérité, descende des hautes régions et vous éclaire. Notre but est de vous montrer la voie, mais de vous laisser votre liberté, c’est-à-dire le mérite et le démérite de vos actions. Écoutez-nous donc, et soyez certains que votre bonheur est pour nous une vive préoccupation.

Si vous saviez combien vos mauvaises actions nous affligent  ! combien vos efforts vers la loi de Dieu nous remplissent de joie ! Le Seigneur nous a dit : « Serviteurs de mon empire, apôtres dévoués de ma loi, à tous portez ma parole ; à tous expliquez que la vie éternelle sera à ceux qui pratiquent l’Évangile ; à tous les hommes faites entendre que le bien, le beau, le grand, marchepieds de mon éternité, sont renfermés dans ce mot : Amour. » Le Seigneur nous a dit : « Légers Esprits, courez à tous : aux plus malheureux et aux plus heureux ; du roi à l’artisan ; du pharisien à celui que brûle l’ardente foi. » Et nous allons de tous côtés, et nous crions au malheureux : Résignation ; à l’heureux Charité, humilité ; aux rois : Amour des peuples ; à l’artisan : Respect de la loi !

Mes amis, le jour où l’on fera mieux que nous écouter, c’est-à-dire le jour où l’on pratiquera nos préceptes, plus d’égoïsme, plus de jalousie ; partant de là plus de misères, plus de ce luxe qui est le ver rongeur des sociétés et les ébranle ; plus de ces erreurs morales qui troublent les consciences ; plus de révolutions, plus de sang ! plus ce triste préjugé qui a fait croire longtemps aux familles princières que les peuples étaient leur chose et qu’elles étaient d’un autre sang que les peuples, plus rien que le bonheur ! Vos gouvernements seront bons, parce que le gouvernant et le gouverné auront profité du Spiritisme. Les sciences et les arts, portés sur les ailes de la divine charité, s’élèveront à une hauteur dont vous ne vous doutez pas ; votre climat assaini par les travaux agricoles ; vos récoltes devenues plus abondantes ; ces mots si profonds d’égalité et de fraternité enfin interprétés sans que nul songe à dépouiller celui qui possède, réaliseront, je vous l’affirme, les promesses de votre Dieu.

« Paix, a dit son Christ, aux hommes de bonne volonté ! »  ( † ) Vous n’avez pas eu la paix, parce que vous n’avez pas eu la bonne volonté. La bonne volonté, et pour les pauvres et pour les riches, s’appellera charité. Il y a charité morale, comme il y a charité matérielle, et vous ne l’avez pas eue ; et le pauvre a été aussi coupable que le riche !

Entendez-moi bien : Croyez et aimez ! aimez : il sera beaucoup pardonné à celui qui a beaucoup aimé. Croyez : la foi soulève les montagnes. Prudence et douceur dans l’apostolat nouveau : votre meilleure prédication sera le bon exemple. Plaignez les aveugles : ceux qui ne veulent pas regarder la lumière. Plaignez, ne blâmez pas !

Priez, mes amis, et la bénédiction de Dieu sera avec vos âmes. Le flambeau de vie rayonne ; à tous les coins de l’horizon s’allument les phares ; la tempête va secouer et peut-être briser les barques !

Mais le nocher qui, sur la lame furieuse, regardera toujours le phare, abordera au rivage, et le Seigneur lui dira : « Paix aux hommes de bonne volonté ; sois béni, toi qui as aimé ; sois heureux, puisque tu as travaillé au bonheur d’autrui. Mon fils, à chacun selon ses œuvres ! »

F. D., ancien magistrat.



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